Aujourd’hui, alors que le sommet du G7 s’achève à Évian, en France, le Conseil International des Infirmières (CII) rassemble des infirmières au bord du lac pour réclamer la protection de tous les professionnels de santé, juste en face du lieu où se réunissent plusieurs des décideurs les plus influents du monde. Réunies pour représenter les 30 millions d’infirmières à travers le monde, elles lancent un appel clair en faveur d’une protection urgente des infirmières et des professionnels de santé dans les conflits, les crises et les urgences sanitaires.
Cette action au bord du lac fait suite à une lettre adressée aux dirigeants du G7 par le président du CII, le Dr José Luis Cobos Serrano, les exhortant à placer la protection et l’autonomisation des infirmières et des professionnels de santé au cœur même de leur sommet. Il s’agit de la dernière initiative dans le cadre du plaidoyer soutenu du CII en faveur des infirmières en situation de conflit et de crise via #NursesForPeace. Découvrez les dernières actions du CII pour protéger les infirmières, notamment ses contributions auprès des Nations Unies, de l’OMS et de l’Assemblée mondiale de la santé, ainsi que son soutien direct aux infirmières en situation de guerre et d’urgence sanitaire.
Au cœur du rassemblement d’aujourd’hui se trouve une image forte : les infirmières, au bord du lac, avec un portrait composé des visages de collègues ayant perdu la vie à cause de la COVID-19. Au cours de cette pandémie, au moins 115 000 professionnels de santé ont perdu la vie dans le monde entier, rappelant de manière brutale les conséquences dévastatrices du manque de protection de ceux qui prennent soin des autres.
S’exprimant lors de ce rassemblement au bord du lac, Howard Catton, directeur général du CII, a déclaré : « Chaque visage sur la photo brandie par les infirmières réunies ici aujourd’hui représente une collègue décédée tragiquement en prenant soin des autres. Nous sommes ici non seulement pour nous souvenir d’elles et exprimer notre solidarité avec toutes nos collègues confrontées à des urgences sanitaires et à des conflits, mais aussi pour exiger une protection urgente. Les infirmières et infirmiers présents aujourd’hui adressent un avertissement fort aux dirigeants du G7 : sans action urgente, cette même photo pourrait à nouveau se remplir des visages d’infirmières et d’infirmiers tués, blessés, enlevés ou détenus dans les conflits actuels, ou tombant malades en raison des risques qu’ils prennent en soignant les autres. Les infirmières sont laissées sans protection et sont même délibérément prises pour cibles alors qu’elles accomplissent leur devoir éthique de soigner tout le monde, que ce soit dans des zones de guerre ou lors de crises sanitaires comme Ebola. Ce devoir de soins impartiaux est inscrit dans le code déontologique du CII et protégé par le droit international humanitaire (DIH).
Notre message aux dirigeants est simple : agissez maintenant pour protéger ceux qui consacrent leur vie à protéger les autres. Mettez fin aux violations du DIH et garantissez des équipements de protection individuelle (EPI) adéquats ainsi que la sécurité des infirmières. Nous ne pouvons pas laisser cette image se reproduire. »
Dans sa lettre aux dirigeants du G7, le Dr Cobos Serrano a renforcé ce message en avertissant que, malgré des engagements internationaux répétés, les attaques contre les soins de santé sont en hausse et que la responsabilité n’est pas assumée. Il a cité le dernier rapport de la Coalition pour la protection de la santé en situation de conflit (SHCC), dont le CII est membre fondateur, qui recense 2 546 attaques contre les soins de santé pour la seule année 2025.
Le Dr Cobos Serrano a également souligné le rôle des infirmières dans la promotion de la paix et de la guérison, ainsi que les enjeux plus larges liés à leur protection. Il écrit : « Que ce soit en situation de conflit ou lors de la gestion d’épidémies et d’urgences, les infirmières défendent les droits humains, protègent les plus vulnérables, assurent le fonctionnement des systèmes de santé et aident les sociétés à guérir, se reconstruire et se relever. Nous constatons chaque jour les conséquences dévastatrices lorsque les infirmières sont privées de protection, de soutien, d’équipements et de conditions de sécurité adéquates, et lorsque les attaques contre les soins de santé se poursuivent en toute impunité. Protéger et investir dans les infirmières, qui constituent le principal groupe de professionnels de santé dans le monde et une profession majoritairement féminine, n’est pas seulement une question de santé : c’est une question humanitaire, d’égalité des genres, de sécurité mondiale, d’économie et un test moral pour le leadership mondial. »
Le Dr Cobos Serrano a appelé les dirigeants du G7 à mettre fin aux attaques, à faire respecter pleinement le droit international humanitaire, à garantir des conditions de travail sûres et des équipements de protection adéquats pour tous les professionnels de santé, et à investir dans le personnel infirmier comme pilier de la sécurité sanitaire mondiale.
Le sommet du G7 a suscité une mobilisation plus large en faveur de la santé mondiale, notamment avec une lettre ouverte adressée aux dirigeants du G7, du G20 et des BRICS. Dans cette lettre, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva exhortent les gouvernements à finaliser l’annexe de l’Accord sur les pandémies relative à l’accès aux agents pathogènes et au partage des avantages. Ils soutiennent également les appels du CII en faveur d’une réponse forte et équitable aux futures urgences sanitaires, qui doit inclure la protection des professionnels de santé.